En 2013 le permaculteur américain Peter Ash arrivait au PB.

     Notre projet l'intéressait fortement car seul son savoir faire de permacuteur pouvait s'exercer dans un lieu où la seule énergie disponible est celle des hommes et de leur force  car il n'existe aucune machines, ni énergie fossile disponible autre que celle fournies par les bras! De plus , au départ le terrain du PB ressemble à un désert, le climat est rude avec une saison sèche qui dure 7 mois sans aucune goutte d'eau.

    Le premier travail de Peter a été un travail d'observation afin de repérer par exemple les endroits où les femmes lavaient ou bien faisaient la cuisine ou la vaisselle; l'eau utilisée pour ces tâches s'écoule directement sur le sol et crée des zones constamment humides. C'est ainsi que Peter débute les premières plantations de végétal ! Depuis la cuisine du PB siège à l'ombre des arbres plantés à cette époque!. Ensuite il a tracé et de creusé des diguettes afin de canaliser les eaux  pluviales torrentielles qui se déversaient en tous sens durant  la période des pluies et qui ravinaient le terrain.

   Peter disait , nous devons absolument : "Moissonner l'eau du ciel" ("Harvesting water"). En effet la moindre goutte doit rentrer le plus vite possible dans le sol afin de rejoindre la nappe phréatique, elle ne doit pas ruisseler ni emmener la terre. De plus chaque parcelle Toutes de surfaces agricoles doit être recouvertes de paillis, feuilles, épluchures afin d'éviter d' être brûlée par les UV.

Au long des trois séjours qui ont suivi, Peter a planté des citronnelles pour ancrer les buttes. Il a poursuivi son travail avec la plantation d’arbres à croissance rapide: acacias, moringas afin de produire de la masse végétale. Parallèlement il a enseigné la façon de réaliser du compost à partir des ressources locales.

En étant protégée, la chaine de la biodiversité peut se reconstituer, se mettre au travail,  Une chenille bientôt papillon!

 

2013: Peter Ash montre comment réaliser un compost2013: Peter Ash montre comment réaliser un compost2013: Peter Ash montre comment réaliser un compost

2013: Peter Ash montre comment réaliser un compost

   Merry , fils de Méline ,a été témoin et observateur du savoir faire de Peter et de la "naissance du végétal" au Paradis Bleu , depuis il est devenu responsable de la permaculture et de l'agroforesterie au PB .Captivé par le travail de Peter , il décide en  Juillet 2017 de partir sur les traces de Peter pour un stage de permaculture à Songhaï.(voir la rubrique Songhaï plus loin) Il en revient avec un projet de production maraichère: mettre en culture, dans un premier temps 3500 m2 de terre.  Aujourd'hui, Il nous guide avec fierté dans ses jardins- voir vidéo de 15'  tournée par Emmanuel Riviere en Novembre 2022-. 

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Photos visibles dans la page " photos permaculture"

I

             UN EXEMPLE:  ÉVOLUTION DU VÉGÉTAL AUTOUR DE LA CASE DES VOYAGEURS    ENTRE LA CONSTRUCTION EN 2011 (photo de gauche) ET 2016

La Pharmacopée Végétale présente au Paradis Bleu pour soigner les hommes, les animaux, les plantes

Nous vous présentons plusieurs plantes cultivées au PB qui soignent les hommes, les animaux et les plantes. Il y a  toutes celles qui sont natives du lieu et font partie de la culture médicinale malgache; elles font partie du paysage et sont également distribuées et expliquées par des Tradi-Praticiens locaux. Méline a une parfaite connaissance de tous les usages des plantes du PB. Et puis il y a les plantes qui ont été implantées au PB suite à nos réflexions communes avec Peter Ash, Merry et Méline.

Végétal implanté

 -  L’Aloe Vera: Elle est plantée tous le long des jardins. Elle sert immédiatement pour soigner toutes les blessures et rentre dans la préparation de purin, associé à du piment et des feuilles de tabac pour soigner certaines maladies des plantes, par exemple celles du type oïdium.

Exemple de préparation: Merry broie ensemble du Piment, de l’Aloe vera, des feuilles de tabac et de citronniers avec un broyeur ,type hachoir à viande en alu. Il dilue cette pâte, la laisse macérer puis il la tamise . La mixture est prête à être aspergée sur les plantes malades.

 -  Le Ravintsara: C’est un virucide, bactéricide et fongicide           puissant (Alternative aux antibiotiques recommandé par l’AFSSAPS)     

48 pieds ont été plantés en 2011. Aujourd’hui, ce sont des arbres touffus de 4 m de haut.

 

Pendant la grave épidémie de rougeole qui a touché Madagascar en été 2019, intuitivement Méline a utilisé les feuilles sous 2 formes. Une tisane à boire pour toutes les personnes du PB et un macérât avec les feuilles pour se laver. Personne n’a eu la rougeole. Elle en a également beaucoup distribué aux habitants de Befotaka qui en faisaient la demande.

-   La Grande Armoise (Artemisia) en cours de plantation: C’est un antipaludéen notoire à titre préventif et curatif. Cette plante vient de Chine. Elle guérit en quelques jours le palu le plus violent. Le parasite du paludisme inoculé par un moustique contaminé tue un enfant dans le monde toutes les 3 minutes. Pourtant en Chine personne ne meurt du paludisme alors que les moustiques n’y sont pas moins offensifs. Pourquoi ? Parce traditionnellement ils boivent régulièrement une tisane d’Artémisia d’où les études pharmacologiques réalisées par la suite. Un traitement de 50g de feuilles d’artémisia revient à moins de 2€ alors qu’une prophylaxie chimique coûte entre 25 et 35€. Le salaire de référence moyen à Madagascar est inférieur à 40€ mensuel.

Mais l’OMS ne reconnait pas encore l’Artémisia …Pourtant un laboratoire pharmaceutique belge commercialise l’Artémisia sous le nom ‘d’Artémisine’ à un prix inaccessible pour le 1/3 monde! Il est probable que le marché des ’Antipaludéens, type Malarone, Nivaquine’ de plusieurs milliards soit bien défendu!

Nous n’avons pas attendu sa reconnaissance officielle pour transmettre l’information à Merry. Il y a 3 mois nous avons appris qu’un centre Artemisia fonctionnait à Port Berger éloigné de quelques heures de taxi-brousse du PB. Méline et Merry sont partis en moto (plusieurs heures de piste, aller et retour) pour visiter ce centre, échanger leurs pratiques agricoles. Ils ont ramené des graines à semer et des feuilles prêtes à la consommation. Et dans le cadre de l’Échange les producteurs d’Artemisia veulent venir au PB pour découvrir les pratiques permaculturelles développées par Merry  

Végétal natif : cette liste n’est pas exhaustive

- L’Anacardier (noix de cajou) :

L’écorce sert à soigner l’appendicite chez l’homme et la gastro du zébu!

Le crochet de la noix de cajou est utilisé pour la lèpre.

Les feuilles sont appliquées sur les piqûres de scolopendre et leur présence dans la maison les éloigne.

Le Badamier: les feuilles en tisane facilitent l’expulsion du placenta

- L’Eucalyptus: les feuilles en inhalation font baisser la fièvre

- Le Palmier-cocotier utilisé pour les ulcères gastrique

- La Pervenche pour les diarrhées

- Le Rafia  pour la goutte et amélioration de la circulation sanguine

- Le Moringa : cet arbre existe sur place mais les malgaches ne connaissaient pas ses qualités nutritives et toutes ses autres extraordinaires fonctions: la filtration de l’eau par ses racines, les tiges servant de nourriture aux animaux, les graines donnant de l’huile.

 

 

- Le Sariheza pour les colites

- Remarque animale: Le kalalaou énorme blatte-cafard a 2 utilisations, un breuvage à base de ce sympathique insecte est bu en cas de tétanos et, écrasé, il est un formidable cicatrisant sur des plaies graves et purulentes.

Conclusion

         Voici un aperçu de la richesse de la biodiversité du lieu. Je vous propose de faire le lien avec la démarche de nos pays ‘Hyper-Développés’. Nous redécouvrons le Bio, cad la culture de nos grands-parents, nous reprenons conscience de la richesse de notre environnement au moment de le perdre! Les plantes de nos jardins et de nos espaces naturels sont une source de nourriture rapidement disponible : voir « les Incroyables comestibles ».

Les habitants de Befotaka sont beaucoup plus résilients que nous ne le sommes. Regardons avec humilité et respect tous ces pays, nommés sous-développés, une véritable leçon d’intégration avec le vivant qui les entoure quand ils ne sont pas détruit par l’idéologie dominatrice et prédatrice  de nos pays dits développés.  

 

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